Qu’est-ce que le SOPK ? Explications !

SOPK, j’ai découvert ce nom barbare après plusieurs mois sans avoir mes règles suite à l’arrêt de la pilule contraceptive (qui n’était pas motivé par un désir d’enfanter). C’est une amie souffrant d’endométriose qui m’en a parlé il y a 3 ans.

Définition du SOPK

SOPK sont les initiales de « syndrome des ovaires polykystique ». On l’appelle aussi « syndrome de Stein-Leventhal ». Pour faire simple, un SOPK est un chaos hormonal. Il s’agit d’une pathologie endocrinienne dans laquelle les androgènes (hormones mâles) sont en surnombre. On note également une certaine résistance à l’insuline dans la plupart des cas de SOPK. Et si l’on qualifie ce syndrome de « polykystique », c’est parce que plusieurs follicules immatures ont tenté l’ovulation sans succès, ce qui donne aux ovaires un aspect polykystique.

« Dans le SOPK, la maturation folliculaire est bloquée par l’excès d’androgènes et les follicules immatures s’accumulent, sans follicule dominant. »

Inserm
SOPK_Cycle_menstruel

Source : hug-ge.ch

J’ai lu sur certains sites qu’il existerait différentes formes de SOPK car les symptômes sont très variables d’une femme à l’autre. Du point de vue de la naturopathie, rien de plus normal que des réactions différentes puisque chaque personne est unique. Une même cause morbide s’exprimant de façon très différente selon le terrain et l’histoire de l’individu.


Causes obscures

Si pour le moment les causes du SOPK reste obscures, il est évident que le contexte est un chaos hormonal. Il manque un pic hormonal de LH déclenchant l’ovulation et la résistance à l’insuline est également une perturbation hormonale car les cellules ne réagissent plus au message de l’insuline donc le pancréas en sécrète davantage pour faire entendre son message qui ne passe pas (et il s’épuise par la même occasion). D’ailleurs, un taux élevé d’insuline dans le sang perturbe également l’ovulation.

Récemment, une étude a montré une corrélation entre le SOPK et l’exposition in utero au facteur de croissance AMH (hormone anti-müllerienne).


Symptômes liés au SOPK

Les symptômes liés à un taux élevé d’hormones mâles (principalement la testostérone) sont :

  • des règles irrégulières, peu fréquentes ou absentes
  • de l’acné
  • la perte de cheveux
  • l’hirsutisme (pilosité excessive)

Ceux liés à la résistance à l’insuline sont :

  • la prise de poids
  • une difficulté à perdre du poids
  • assombrissement de la peau au niveau du cou, des aisselles et des replis cutanés (acanthosis nigricans)

Diagnostic du SOPK

Un syndrome, c’est quoi ? C’est toute une panoplie de symptômes. Comme les maladies d’ailleurs, sauf que c’est une version un peu fourre-tout. Très utile quand le flou plane autour ! Tellement flou que cela rend le diagnostic difficile. Alors en 2003, on a décrété qu’il fallait minimum 2 des 3 critères suivants pour diagnostiquer un SOPK : 

  • une hyperandrogénie (production excessive d’hormones mâles)
  • des troubles menstruels (règles qui se font rares et un nombre insuffisant d’ovulation)
  • plus de 12 gros follicules par ovaires à l’échographie

Ce sont les critères de Rotterdam. Le petit hic, c’est que depuis son utilisation il y a eu une augmentation des sur-diagnostics. En effet, l’échographie est un critère qui est un peu bancal dans la mesure où il semblerait que ce soit chose assez commune pour les jeunes filles que de présenter plusieurs follicules, ce qui donnera l’apparence « polykystique » à l’échographie sans pour autant qu’il y ait de problème d’hyperandrogénie ou de résistance à l’insuline.

« L’adoption de ces trois critères a élargi le spectre de l’affection et augmenté le nombre de cas diagnostiqués. Mais c’est aux médecins d’éviter de faire l’amalgame entre les formes sévères, le plus souvent associées à une obésité et/ou un diabète de type II, et les formes modérées, beaucoup moins à risque et qui, pour certaines, ne requièrent pas forcément de traitement. »

Pr Dewailly

En cas d’hyperandrogénie, l’échographie permettra de rechercher une éventuelle tumeur qui pourrait être à l’origine de la production excessive d’androgènes. Et si une tumeur est localisée sur un ovaire ou sur une glande surrénale, les symptômes liés à un excès d’hormones mâles ne seront pas à imputer à un SOPK.


Complications possibles

En terme de complications, comme il s’agit de follicules qui éprouvent quelques difficultés à atteindre le stade de la maturité jusqu’à l’ovulation, cela fait logiquement chuter la probabilité d’être enceinte. On parle d’hypofertilité (mais pas d’infertilité !).

Et qui dit résistance à l’insuline dit risque de diabète gestationnel en cas de grossesse. Autres complications possibles en cas de grossesse : fausse couche, accouchement prématuré, pré-éclampsie.


Le SOPK en résumé

Pour résumé, le SOPK est un flagrant délit de désordre hormonal et c’est un syndrome particulièrement lié à une résistance à l’insuline. Quant à ses causes, c’est pour le moment le flou artistique, ce qui rend son diagnostic assez touchy.

Pour en savoir plus, RDV sur l’article Les troubles du cycle féminin décryptés 😉

Emeline Courcelle

Emeline Courcelle

Apprentie naturopathe

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