La médecine anthroposophique, un élargissement de l’art de guérir

Je vous partage l’introduction du livre du Dr Victor Bott « La médecine anthroposophique, un élargissement de l’art de guérir ». De ce livre, je n’ai pour le moment lu que l’introduction qui a su piquer ma curiosité. Je sens que je ne vais pas tout comprendre, du moins je ne serai pas réceptive à tout. Mais ce dont je suis sûre, c’est qu’il m’ouvrira l’esprit. Et peut-être le vôtre si vous vous laissez tenter par sa lecture aussi !

Introduction

« L’art de guérir a toujours été le reflet de l’idée que l’homme se faisait de lui-même. Ainsi, notre médecine actuelle a été fortement influencée par la pensée matérialiste du 19e siècle. Elle aurait tendance à considérer le corps humain comme une éprouvette dans laquelle se dérouleraient des processus analogues à ceux du laboratoire. Mais le médecin appelé au chevet d’un malade sait combien cette façon de voir est insuffisante dans la réalité quotidienne. Il en résulte pour le praticien une insatisfaction plus ou moins avouée, une impression de ne pas être vraiment à la hauteur de sa tâche.

Une image de l’homme incomplète

Cela ne serait-il pas une preuve que l’image que nous nous faisons de l’homme dans l’optique de la science actuelle est fausse ou tout au moins incomplète ? Il serait donc nécessaire de revoir cette image, de l’élargir afin de créer une médecine plus conforme à cette réalité qu’est l’être humain, une médecine à sa mesure.

Cette image élargie nous a été donnée par Rudolph Steiner, le fondateur de l’Anthroposophie. Les résultats pratiques obtenus dans des domaines aussi divers que l’agriculture, l’art de l’éducation, la médecine sont des garants de validité de la voie dans laquelle il s’est engagé. Car l’Anthroposophie est avant tout une voie, une méthode de connaissance et ce chemin peut être parcouru avec la même rigueur que celui de la recherche scientifique pure.

Celui qui commence à étudier l’Anthroposophie sera frappé par le fait qu’elle réalise un lien, une synthèse entre toutes les disciplines humaines. Ne semble-t-il pas étonnant, par exemple, qu’un rapport puisse exister entre des domaines aussi divers que la géologie et la médecine ? Pourtant, si l’on songe que la terre et l’homme ont évolué de concert, on comprendra mieux que certaines roches puissent servir de base à un remède pour un organe d’apparition contemporaine à cette roche. Nous en verrons des exemples.

Notre déformation intellectuelle

Notre formation – on serait parfois tenté de dire notre déformation – intellectuelle, a permis les surprenants progrès techniques que vous savez, mais elle constitue un obstacle à la connaissance réelle de l’homme et de l’univers. Habitués dès l’école primaire à penser en physiciens, en chimistes ou en mathématiciens, il nous est très difficile d’aborder sans préjugés d’autres domaines que ceux où l’on peut compter, mesurer, peser. Déclarer que ces domaines non accessibles à nos sens n’existent pas constitue un credo aussi dénué de fondements que la croyance aveugle inverse.

L’homme occidental, dans son état de conscience actuel, s’est éloigné de la croyance en un monde métaphysique parce qu’il a cru que seul, ce qui est accessible à nos sens, peut être étudié avec rigueur, mais il a oublié qu’appliquer sa pensée à l’étude du monde sensible est déjà une façon d’en sortir. S’il voulait rester logique avec lui-même, il lui faudrait se limiter aux perceptions sans y appliquer sa pensée. Et pourtant cette pensée, bien que non accessible à nos sens, peut être étudiée avec rigueur par la pensée elle-même. C’est le chemin qu’a suivi Rudolph Steiner dans sa “Philosophie de la liberté”.

Il a montré qu’il existe d’autres voies et les a décrites en détail. Il a également donné le résultat de ses investigations dans le domaine supra-sensible et montré, entre autre, que l’être humain n’est pas seulement constitué d’un corps mais aussi d’âme et d’esprit. Son oeuvre considérable se compose, outre un certain nombre d’écrits, de près de 6 000 conférences dont la plupart ont été sténographiées et un nombre important publiées.

Anthroposophie et liberté de pensée

Il n’est pas possible, dans le cadre de cet ouvrage, de faire une étude approfondie de l’Anthroposophie ; aussi bien que notions pourront-elles sembler dogmatiques au lecteur non averti. Il lui faudra, s’il veut aller au fond des choses, consulter les ouvrages d’Anthroposophie dont un certain nombre sont traduits en français. Je m’efforcerai néanmoins de suivre une progression accessible à tous. Il est évident qu’une critique valable ne pourra se fonder que sur une connaissance approfondie de l’Anthroposophie.

L’Anthroposophie s’appuie sur le respect de la liberté de penser, aussi Rudolp Steiner a-t-il souvent répété qu’il ne demandait pas à être cru mais au contraire à être vérifié. Nous pouvons ajouter, 45 ans après sa mort, que chaque fois qu’une vérification a été possible, ses dires se sont avérés exacts.

Avant de débuter dans la pratique de la médecine anthroposophique, me sentant insuffisamment préparé, j’avais fait part de mes hésitations à un confrère de Bâle, le Docteur Marti, qui la pratiquait depuis longtemps et à qui je dédie ce livre. Il me dit : “Ayez le courage de commencer”. C’est ce que je fis en m’efforçant de consacrer beaucoup de temps à chaque malade. J’ai eu la surprise et plus tard la conviction qu’il n’est pas de malade auquel on ne puisse apporter notre aide, si minime fût-elle.

“J’ai eu la surprise et plus tard la conviction qu’il n’est pas de malade auquel on ne puisse apporter notre aide, si minime fût-elle.”

Dr Victor Bott

C’est dans l’espoir de faire partager cette conviction à ceux qui désespère de l’insuffisances de nos connaissances actuelles, et dans le but de leur donner les éléments nécessaires pour débuter dans cette voie que j’écris ce livre.”

Février 1970, Dr Victor Bott

Emeline Courcelle

Emeline Courcelle

Apprentie naturopathe

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