Perturbateurs endocriniens : comment ils sèment la zizanie

Les PE, Quézako ?

On en entend de plus en plus parler notamment via les dénonciations de l’utilisation massive des pesticides. Le nom est plutôt évocateur, on imagine bien que si ce sont des « perturbateurs » ce n’est pas bon signe. Alors on les évite (ou pas pour les insouciants), sans forcément savoir exactement ce qu’il en est. Qu’est-ce qu’un perturbateur endocrinien ?

« Les perturbateurs endocriniens (PE) sont des substances chimiques d’origine naturelle ou artificielle étrangères à l’organisme qui peuvent interférer avec le fonctionnement du système endocrinien et induire ainsi des effets délétères sur cet organisme ou sur ses descendants ».

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) les montrent du doigt et les qualifient de « menace mondiale pour la santé humaine et l’environnement« .

Perturbateurs endocriniens

Les PE et notre santé

OK, et quel est le problème ?

« Ces substances peuvent interférer avec la production, la sécrétion, le transport, le métabolisme, la liaison, l’action ou l’élimination des hormones naturelles ».

Rien que ça…

Les PE sont des molécules dotées de propriétés hormonomimétiques, c’est-à-dire qu’elles ressemblent tellement à nos hormones naturelles que notre corps les confonds. Et là c’est la m**** _🙁 En effet, les PE miment ou bloquent les actions de nos hormones dont les rôles sont multiples : croissance, prolifération des cellules et des tissus, contrôle de l’équilibre métabolique, développement du cerveau… You name it !

Ils agissent de 3 façons différentes :

  1. en imitant l’action d’une hormone naturelle ;
  2. en se fixant sur les récepteurs des hormones naturelles ;
  3. en gênant la production ou la régulation des hormones ou des récepteurs, ce qui entraîne un déséquilibre : résultat il y a trop ou pas assez d’hormones présentes dans l’organisme ;

pe_bloquant

pe_preums

Les effets se manifestent notamment sur le cerveau. En effet, le développement de cet organe commence dès le début de la vie embryonnaire et se prolonge toute la vie. Dès les premières semaines après la fécondation, les cellules dites progénitrices, qui deviendront les cellules « matures » du cerveau, se multiplient, se déplacent, se différencient, […] et ce, au bon moment et au bon endroit. Pour ce faire, elles reçoivent de multiples messages chimiques souvent véhiculés par les hormones. Un messager hormonal qui serait en retard ou en avance, en trop grande ou trop faible quantité, entraînerait une série de processus non désirés, provoquant des erreurs dans la construction du cerveau. »

Le cerveau malade de l’environnementJ-B. Fini, S. Le Mével, B. Demeneix

Les PE perturbent donc le système endocrinien et accroissent la survenue de problème(s) de santé. Non seulement les risques liés à l’exposition aux perturbateurs endocriniens sont nombreux (cancers, troubles de la fertilité, maladies neuro-dégénératives comme Alzheimer et Parkinson, autisme…) mais en plus les effets néfastes se transmettent de génération en génération.

Les PE sont dans la place !

Le bon sens nous pousse à les éviter, mais où sont-ils ? Partout ! Dans l’eau, les aliments, l’air, les cosmétiques, etc.

La première source à laquelle je pense, ce sont les pesticides qui pourrissent notre alimentation. Mais il existe plein d’autres sources auxquelles nous pensons moins : cosmétiques, appareils électriques, air intérieur, etc. On pense que l’air extérieur est plus pollué que l’air intérieur mais pas du tout ! L’air intérieur est 10 fois plus pollué, la faute aux nombreux composés organiques volatiles (COV) provenant des meubles, des vêtements, de la literie, etc. On trouve également des PE dans les poêles de cuisine, dans les retardateurs de flammes, dans les poches plastiques de transfusion sanguine, dans les imperméabilisants, et j’en passe. Bref, partout quoi…

De plus, la liste des PE reconnus ne sont que la partie émergée de l’iceberg.

pe_dentifrice

Précautions

Voici quelques recommandations :

  • Manger des aliments labellisés bio
  • Limiter votre consommation de viande et de lait
  • Aérer 10 minutes par jour votre intérieur
  • Faire le tri dans votre salle de bain en éliminant les cosmétiques contenant des PE
  • Utiliser des biberons en verre

Personnellement, j’ai jeté beaucoup de produits cosmétiques suite à la lecture du livre de Béa Johnson « Zéro déchet ». Aujourd’hui, je dirais que 90% de ma salle de bain est labellisée bio. Plus que 10% à éradiquer_ 🙂 Et pour ce qui est de mes achats de fruits et légumes, je me rends dans des magasins bio. Il y en a de plus en plus donc ce n’est pas difficile d’en trouver !

Et vous, quel sont vos gestes quotidiens pour les éviter ?

A lire pour aller plus loin : « Le Cerveau endommagé: Comment la pollution altère notre intelligence et notre santé« 

Emeline Courcelle

Emeline Courcelle

Apprentie naturopathe